
Il m'a fait du mal. C'est un véritable enfoiré. J'aimerais lui vomir mes tripes sur ses nouvelles chaussures blanches trop chères et trop grosses. Profond sentiment d'ignorance, d'être oubliée. Adieu les gens, je m'en vais dans un autre monde. En avoir marre à en pleurer. Rentrer tard et travailler tard encore, pour se lever tôt et vomir dans mes cornflakes. Il ne manquerai plus que ça. Tout est une chiotte. Voila pourquoi "roman des cabinets". Ce disque est bizarre. Les phrases qui sillonnent les méandres de mon esprit aussi. Esprit confiné dans un monde pas fait pour lui. J'aimerais voir autre chose. De toutes façons vous vous ressemblez tous, avec les mêmes idées, les mêmes habits, la même façon de parler, et vous fumez tous. Moi je préfère avoir mes propres idées, des habits qui reflètent mon âme et mes choix personnels, ma façon de parler trop "haute" pour certains, comme si je parlais le martien, et je ne fume plus. Je préfère me tuer à vivre. C'est plus beau. Un oisillon qui fait trempette dans le petit ruisseau juste à côté d'où vivait un sans abris abrité. Prendre une photo du chat du coin de la rue. Sauter à pied joint dans la flaque en bas de chez moi. Oh, c'est froid, j'ai les pieds mouillés. Elle est conne qu'elle n'en peut plus. Dessine-moi un mouton. Voir la vie au mille couleurs et manger une glace banane-chocolat sur le chemin du retour. J'ai aimé. Un pied, puis un mollet, et la jambe dépasse en entier de la couette. La peau douce, nacrée, et le corps engourdi. Se lever et repenser à ça. Désirer. Souvenir frémissant. Une brosse à dent qui est quand même partie à la poubelle. Un corps légèrement caramélisé et dénudé qui se glisse dans l'eau bouillonnante, se fait masser par les douces bulles, et rêve de partager ce moment. Chaleur. Un mot en bas de la page, sur un carnet à spirale laissé dans le tiroir de la table de nuit, à côté des mouchoirs et des préservatifs qui ne servent pas. En dessous un grand cahier avec plein de choses dedans. Des photos, des mots, des phrases, de deux personnes. Une vie. Le récit d'une vie. Un peu de vodka dans un peu de bulles aux agrumes. On s'en lèche le bout des lèvres. Un peu de confiture de cerises, miam. C'est comme si ma main tremblait. C'est comme si j'avais des frissons. C'est comme si je ne pensais pas à ça. C'est seulement comme si. Je l'ai tout juste croisée aujourd'hui. Elle me manque. Mes cheveux longs me manquent. Plus qu'un an. Encore un peu. "Je veux des bisous" dit mon caleçon. Moi je veux des câlins, de la tendresse. Ce n'est pas grand chose. Mais c'est tellement trop. Un jour peut-être. Stop.

Orianne Muller, tu écris bien.
RépondreSupprimerJe ne dis même pas "dommage que ce soit teinté de mal et de souffrance".
Je suis aux grands absents, je m'en veux pour ça, mais je n'arrive pas. C'est automatique, je décroche.
Tu écris foutrement bien. Il y a quelque chose là. Alors s'il ne te prend plus d'envie en la vie, à un moment où l'autre. Ecris.